CHUTE DE LA MORTALITE PAR COVID entre mars et octobre 2020. Michel BASS 29 octobre 2020

Un article du New York Times d’aujourd’hui fait état d’une étude de l’université de NY comme quoi la mortalité des personnes hospitalisées en réanimation est passée de 25.6% en mars à 7.6 % en octobre.

https://www.nytimes.com/live/2020/1...

En voici les principaux arguments, pour ceux qui ne lisent pas l’anglais.

Dans le système hospitaliser de NY, 30 % des patients atteints par le coronavirus en mars sont morts. Le taux de mortalité est tombé à 3 % à la fin de juin.

Les médecins anglais ont constaté la même tendance : en mars, 40 % de mortalité, en juin moins de 20%

Même si le virus a lentement muté au décours de sa diffusion, on ne sait pas si sa virulence a changé, donc ce n’est pas une raison de la baisse de la mortalité.

Les personnes âgées ont tendance à prendre plus de précautions pour éviter la contamination, ce qui explique le fait qu’aujourd’hui les patients hospitalisés sont plus jeunes et en meilleur état général.

Mais, d’après les chercheurs de l’université de NY, en analysant les données de 5000 patients, l’amélioration n’est pas à rattacher seulement au fait que les patients soient plus jeunes. En contrôlant les données par âge, sexe, race, morbidité sous-jacente et sévérité des symptômes de COVID, la diminution est bien celle mentionné plus haut (de 25.6 à 7.6%).

Selon eux de nombreux facteurs expliquent cette diminution

- Une meilleure attention portée aux symptômes conduisant les gens à l’hôpital à un stade moins sévère

- Une meilleure technique de prise en charge, dont une utilisation plus rationnelle de la ventilation (moins souvent, avec de meilleurs critères de choix), l’utilisation de corticoïdes.

- Le fait que dans la première partie de l’épidémie, beaucoup de services "non experts" ont fait de la réanimation, sans que ni les médecins ni le personnel soignant n’aient été formés pour, afin de compenser les sous-effectifs des services de réanimation.

Commentaire personnel

Ces sous effectifs sont la conséquence du fait que les services ont été calibrés pour une réponse à des situations de routine, pas pour des situations exceptionnelles. Et ce mode de réponse "probabiliste" est la base du management hospitalier. Une situation exceptionnelle est peu probable, et on estime qu’il n’y a pas à la prévoir par de la réserve en lit et en personnel.

On a le même discours avec les centrales nucléaires : un accident est impossible. Et quand il arrive quand même, on est dépassé et les conséquences sont autrement plus graves que si on les avait prévus, ou, mieux, si on s’en était prémuni (par exemple en fermant les centrales quand il est encore temps plutôt de prolonger leur vie dans des conditions de sécurité qui forcément diminuent avec le temps).

Cela rejoint mon édito d’hier : c’est en pensant l’amont que des crises comme celle du COVID peuvent être évitées. Maintenant qu’on est dedans, on essaie d’écoper pour éviter le naufrage, comme on arrose FUKUSHIMA avec de l’eau qui, devenue radio-active s’accumule sans qu’on sache quoi en faire. On provoque malheureusement à terme des conséquences autrement graves et durables que le virus lui-même. Mais chaque chose en son temps... Plus tard, toujours plus tard, ce n’est pas le moment...

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